<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></title><description><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></description><link>https://jeanpisaniferry.substack.com</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!-iB7!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F6ac1a776-14b6-47d2-8514-90baf665a632_2268x2268.jpeg</url><title>Jean Pisani-Ferry</title><link>https://jeanpisaniferry.substack.com</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Wed, 15 Apr 2026 18:53:14 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://jeanpisaniferry.substack.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></copyright><language><![CDATA[en]]></language><webMaster><![CDATA[jeanpisaniferry@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[jeanpisaniferry@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[jeanpisaniferry@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[jeanpisaniferry@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Le choc énergétique et ses implications pour l'Europe]]></title><description><![CDATA[Chronique Le Monde, 28 mars 2026]]></description><link>https://jeanpisaniferry.substack.com/p/le-choc-energetique-et-ses-implications</link><guid isPermaLink="false">https://jeanpisaniferry.substack.com/p/le-choc-energetique-et-ses-implications</guid><dc:creator><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></dc:creator><pubDate>Sun, 29 Mar 2026 17:04:45 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!-iB7!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F6ac1a776-14b6-47d2-8514-90baf665a632_2268x2268.jpeg" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis qu&#8217;Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis ont, depuis un mois, commenc&#233; &#224; bombarder l&#8217;Iran, la guerre fait rage au Moyen-Orient. La Maison Blanche n&#8217;a pas cess&#233; de se contredire quant aux buts de cette guerre et &#224; la dur&#233;e des op&#233;rations militaires, mais le fait est l&#224; et l&#8217;&#233;conomie doit y faire face. Les questions qui se posent sont celles de l&#8217;ampleur, de la dur&#233;e et, partant, des cons&#233;quences de ce choc &#233;nerg&#233;tique.</p><p>En parlant de &#171; plus grande perturbation dans l&#8217;histoire du march&#233; p&#233;trolier mondial &#187;, <a href="https://www.iea.org/reports/oil-market-report-march-2026">L&#8217;Agence Internationale de l&#8217;&#201;nergie</a> n&#8217;y est pas all&#233;e par quatre chemins. Le blocage du d&#233;troit d&#8217;Ormuz, par lequel transite un tiers du p&#233;trole brut &#233;chang&#233; dans le monde, est effectivement un &#233;v&#233;nement de grande ampleur. Il en va de m&#234;me pour le gaz naturel, qui contrairement au p&#233;trole se transporte exclusivement par bateau, et dont la production a, au surplus, &#233;t&#233; atteinte par les attaques iraniennes sur les installations de Ras Laffan au Qatar.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! 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Quant au prix du gaz naturel, il a fait moins que doubler alors qu&#8217;il avait tripl&#233; en 2022, lorsque la Russie avait interrompu ses livraisons de gaz &#224; l&#8217;Europe. M&#234;me si les m&#233;nages sont plus sensibles aux variations des prix qu&#8217;&#224; leur niveau, ces faits m&#233;ritent d&#8217;&#234;tre rappel&#233;s.</p><p>Les march&#233;s s&#8217;attendent &#224; ce que la guerre s&#8217;ach&#232;ve bient&#244;t : ils anticipent un prix du baril aux alentours de 90 dollars cet &#233;t&#233; et de 80 dollars en fin d&#8217;ann&#233;e. Il y a deux raisons possibles pour cet optimisme : soit que les &#201;tats-Unis vont prendre le dessus dans leur conflit avec l&#8217;Iran, soit, plus probablement, que Trump va en rabattre sur sa volont&#233; de puissance et trouver un accommodement avec T&#233;h&#233;ran. M&#234;me si la guerre reste populaire parmi ses soutiens, les cons&#233;quences qu&#8217;auraient un conflit prolong&#233; sur l&#8217;inflation et donc les taux d&#8217;int&#233;r&#234;t le seraient beaucoup moins. Plus le conflit dure, et plus son co&#251;t politique va s&#8217;accro&#238;tre, alors qu&#8217;approchent des &#233;lections de mi-mandat qui devraient se traduire par une victoire des D&#233;mocrates &#224; la Chambre des repr&#233;sentants. L&#8217;int&#233;r&#234;t politique de Trump lui commande de d&#233;clarer victoire et de quitter le champ de bataille.</p><p>Une telle &#233;volution aurait au moins un effet collat&#233;ral positif : elle mettrait fin &#224; une augmentation du prix du baril qui a, depuis un mois, b&#233;n&#233;fici&#233; &#224; la Russie et lui a permis de reconstituer un tr&#233;sor de guerre diminu&#233; par les sanctions occidentales. La d&#233;cision am&#233;ricaine d&#8217;adoucir ces sanctions, notamment en permettant &#224; l&#8217;Inde d&#8217;acheter du p&#233;trole russe a, elle aussi, servi les int&#233;r&#234;ts russes. La prolongation de la guerre renforcerait encore la Russie et affaiblirait l&#8217;Ukraine, aujourd&#8217;hui victime de l&#8217;attrition des munitions utilis&#233;es dans la guerre contre l&#8217;Iran.</p><p>M&#234;me si le conflit se termine vite, cependant, il laissera des traces durables : les pays du Golfe ne retrouveront pas le statut de havre de paix et de prosp&#233;rit&#233; qui &#233;tait le leur ; les passagers h&#233;siteront avant de voler sur leurs compagnies a&#233;riennes ; le d&#233;troit d&#8217;Ormuz restera sous la menace d&#8217;un blocage du trafic par l&#8217;Iran, et en cons&#233;quence le co&#251;t des assurances, qui a quadrupl&#233; en l&#8217;espace de quelques jours, ne reviendra pas au niveau d&#8217;avant le d&#233;but du conflit. De tous ces points de vue, il y aura in&#233;vitablement un avant- et un apr&#232;s- guerre.</p><p>C&#8217;est particuli&#232;rement vrai pour l&#8217;Europe qui, d&#233;pourvue de ressources en combustibles fossiles, est tr&#232;s d&#233;pendante de l&#8217;acc&#232;s au p&#233;trole et au gaz du Golfe. Vouloir, au nom de la comp&#233;titivit&#233;, ralentir la transition vers l&#8217;&#233;conomie verte en remettant en cause le syst&#232;me ETS d&#8217;&#233;change de quotas d&#8217;&#233;mission, comme l&#8217;a fait le <a href="https://www.politico.eu/article/le-marche-du-carbone-europeen-sous-le-feu-des-critiques-de-lindustrie-comme-des-politiques/">chancelier Merz</a>, est dans ces conditions une politique de Gribouille. Ce qu&#8217;illustre la crise &#233;nerg&#233;tique actuelle, c&#8217;est au contraire la n&#233;cessit&#233; de pousser les feux de la transition afin de lib&#233;rer au plus vite l&#8217;Europe de sa d&#233;pendance aux combustibles fossiles. L&#8217;adoption du Pacte Vert en 2021 visait un objectif de pr&#233;servation du climat. L&#8217;agression russe contre l&#8217;Ukraine, en 2022, l&#8217;&#233;lection de Donald Trump, en 2024, et maintenant la guerre au Moyen-Orient ont montr&#233; que le verdissement de l&#8217;&#233;conomie servait aussi un objectif de s&#233;curit&#233; &#233;conomique.</p><p>Le probl&#232;me est qu&#8217;au lieu d&#8217;acc&#233;l&#233;rer la transition, l&#8217;Europe a pris pr&#233;texte de cette s&#233;rie d&#8217;&#233;v&#233;nements pour la ralentir, jusqu&#8217;&#224; en arriver au point o&#249; les constructeurs automobiles font pression pour que l&#8217;Union revienne sur l&#8217;engagement pris d&#8217;interdire la mise sur le march&#233; de v&#233;hicules thermiques &#224; partir de 2035. On conna&#238;t leurs arguments : les consommateurs ne sont pas pr&#234;ts &#224; basculer vers l&#8217;&#233;lectrique. C&#8217;est vrai, mais largement pour des raisons de co&#251;t et de manque d&#8217;infrastructures de recharge. Traiter ces probl&#232;mes impose d&#8217;admettre que la transition appelle un soutien budg&#233;taire, que ce soit pour permettre aux m&#233;nages et aux entreprises de passer &#224; l&#8217;&#233;lectrique, pour cr&#233;er un r&#233;seau d&#8217;infrastructures de recharge, ou pour aider l&#8217;industrie &#224; se d&#233;carboner. Ce co&#251;t est a minima de l&#8217;ordre d&#8217;un demi-point de PIB par an, ce qui est substantiel mais pas prohibitif au regard des engagements pris pour la d&#233;fense. Faute de le reconna&#238;tre, l&#8217;Union europ&#233;enne est en train de tourner le dos &#224; son avenir.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! 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C&#8217;est une r&#233;orientation majeure pour un pays qui comptait traditionnellement sur les Etats-Unis pour assurer sa s&#233;curit&#233;.</p><p>Alors que ni la France, ni l&#8217;Italie, ni le Royaume-Uni ne sont sur cette trajectoire et que, jusqu&#8217;ici, seuls la Pologne et les pays riverains de la Baltique atteignaient ce seuil, cet engagement est une bonne nouvelle pour l&#8217;Europe et la cr&#233;dibilit&#233; de son effort de d&#233;fense. L&#8217;Allemagne a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; le mettre en &#339;uvre&nbsp;: le <a href="https://www.imf.org/en/news/articles/2025/11/26/mcs-112625-germany-staff-concluding-statement-of-the-2025-article-iv-mission">Fonds mon&#233;taire international pr&#233;voit</a> que les effets de cet investissement se manifesteront d&#232;s 2027 sur la croissance (1,5&nbsp;%, apr&#232;s des ann&#233;es de stagnation) et sur le d&#233;ficit des comptes publics (4&nbsp;% du PIB). Mais la dynamique qui s&#8217;est enclench&#233;e va induire in&#233;vitablement une s&#233;rie de d&#233;s&#233;quilibres qui repr&#233;sentent autant de d&#233;fis pour l&#8217;Europe.</p><h2><strong>La France &#224; la tra&#238;ne</strong></h2><p>Le premier d&#233;fi est politique&nbsp;: alors que l&#8217;Allemagne partait d&#8217;un niveau inf&#233;rieur, la part du PIB qu&#8217;elle consacre &#224; ses d&#233;penses de d&#233;fense va rapidement d&#233;passer celle de la France. Le 13&nbsp;f&#233;vrier, &#224; la Conf&#233;rence de Munich sur la s&#233;curit&#233;, le chancelier Friedrich Merz a rappel&#233; <a href="lmm://element/article/6666643?source=article_inline_link">sa volont&#233; de faire de la Bundeswehr l&#8217;arm&#233;e conventionnelle la plus puissante d&#8217;Europe</a>, tandis que son ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Johann Wadephul, <a href="lmm://element/article/6666935?source=article_inline_link">critiquait ouvertement le manque d&#8217;ambition de la loi de programmation militaire fran&#231;aise</a>. Faute de marges de man&#339;uvre budg&#233;taires, la France risque d&#8217;&#234;tre condamn&#233;e &#224; jouer d&#233;sormais les seconds r&#244;les.</p><p>Le deuxi&#232;me d&#233;fi est industriel. Traditionnellement, la division du travail entre la France et l&#8217;Allemagne en mati&#232;re d&#8217;&#233;quipements de d&#233;fense suivait un sch&#233;ma assez simple&nbsp;: pour faire court, la premi&#232;re produisait les avions et la seconde, les chars lourds. Chaque gouvernement entretenait ainsi une relation privil&#233;gi&#233;e avec les fournisseurs nationaux, souvent, d&#8217;ailleurs, au m&#233;pris de la concurrence et de l&#8217;innovation. Cette r&#233;partition des t&#226;ches est aujourd&#8217;hui mise en cause par la progression de l&#8217;effort de d&#233;fense allemand.</p><p>C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;il faut analyser <a href="lmm://element/article/6667341?source=article_inline_link">les d&#233;boires du projet d&#8217;avion de combat franco-allemand du futur</a>. Le chancelier Merz a expliqu&#233; que, en l&#8217;&#233;tat, cet avion, &#224; l&#8217;&#233;tude depuis 2017 et sur lequel 3&nbsp;milliards d&#8217;euros ont &#233;t&#233; investis, ne correspondait pas aux besoins de l&#8217;arm&#233;e allemande. Cela cache mal les vraies raisons de l&#8217;&#233;chec. <a href="lmm://element/article/6649960?source=article_inline_link">En c&#233;dant aux int&#233;r&#234;ts divergents des lobbys industriels</a> des deux pays, Berlin et Paris ont donn&#233; un double signal&nbsp;: ils ne sont pas aux commandes et ils n&#8217;ont pas pris la mesure des enjeux productifs du r&#233;armement europ&#233;en.</p><p>Le troisi&#232;me d&#233;fi est &#233;conomique et financier. Dans le contexte actuel d&#8217;agression russe et d&#8217;hostilit&#233; am&#233;ricaine, la s&#233;curit&#233; a acquis le caract&#232;re d&#8217;un &#171;&nbsp;bien public europ&#233;en&nbsp;&#187;. C&#8217;est par ce terme que les &#233;conomistes d&#233;signent un service &#8211; en l&#8217;esp&#232;ce, de d&#233;fense &#8211; qui b&#233;n&#233;ficie &#224; un ensemble de pays, sans que son usage par l&#8217;un n&#233;cessite de r&#233;duire celui des autres.</p><p>Une solution &#8211; naturelle &#8211; serait de r&#233;partir le financement de ce service entre tous les pays qui en b&#233;n&#233;ficient. Ce n&#8217;est cependant pas indispensable&nbsp;: malgr&#233; les appels r&#233;currents &#224; un partage plus &#233;quilibr&#233; du fardeau, les pays europ&#233;ens ne contribuaient pas au financement du service de d&#233;fense que les Etats-Unis leur fournissaient. Mais la donne a chang&#233; depuis l&#8217;arriv&#233;e au pouvoir de Donald Trump, et la discussion est aujourd&#8217;hui vive sur le partage de l&#8217;effort de d&#233;fense entre les Europ&#233;ens.</p><p>En pratique, emprunter en commun pour la d&#233;fense, comme l&#8217;Union europ&#233;enne l&#8217;a fait en&nbsp;2020 pour faire face &#224; la crise li&#233;e &#224; la pand&#233;mie de Covid-19, soul&#232;verait toute une s&#233;rie de difficult&#233;s juridiques, institutionnelles et politiques.</p><p>Comme le proposaient <em>[le vice-pr&#233;sident du fonds d&#8217;investissement BlackRock] </em>Philipp Hildebrand et <em>[les &#233;conomistes] </em>H&#233;l&#232;ne Rey et Moritz Schularick dans une contribution au site VoxEU publi&#233;e en novembre 2025, il est plus concevable de commencer avec un ensemble de pays qui s&#8217;engageraient sur un programme d&#8217;investissement sur dix&nbsp;ans et &#233;mettraient en commun, pour les financer, des obligations d&#233;di&#233;es.</p><h2><strong>Les eurobonds d&#233;battus</strong></h2><p>Si elle voit le jour, une telle initiative &#8211; dont les modalit&#233;s concr&#232;tes restent &#224; pr&#233;ciser &#8211; aboutirait &#224; la cr&#233;ation d&#8217;eurobonds. Son b&#233;n&#233;fice collat&#233;ral serait de proposer aux investisseurs internationaux un volant permanent de titres s&#251;rs en euros qui offriraient une alternative aux titres de la dette publique am&#233;ricaine. La part pr&#233;pond&#233;rante du dollar ne sera pas n&#233;cessairement entam&#233;e, mais les investisseurs auront le choix.</p><p>Les eurobonds font depuis 2020 l&#8217;objet d&#8217;une vive controverse. Ils ont leurs adversaires &#8211; Friedrich Merz s&#8217;est, tactiquement en tout cas, prononc&#233; contre eux &#8211; et leurs partisans &#8211; &#224; l&#8217;inverse, Emmanuel Macron les soutient. Ce qui est clair, c&#8217;est que l&#8217;&#233;mission &#233;ventuelle d&#8217;eurobonds serait un pas d&#233;cisif vers une Europe plus int&#233;gr&#233;e.</p><p>Les industries de d&#233;fense sont aujourd&#8217;hui exempt&#233;es des r&#232;gles du march&#233; unique. Le r&#233;armement offre l&#8217;opportunit&#233; de mettre fin, en pratique au moins, &#224; la fragmentation qui pr&#233;vaut aujourd&#8217;hui. Mais, sur cet enjeu, l&#8217;Europe peut se d&#233;faire aussi bien que se faire. Son avenir se joue dans les mois qui viennent.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Is AI fuelling a new wave of growth or a bubble? ]]></title><description><![CDATA[English version of my Le Monde column, 19 January 2026]]></description><link>https://jeanpisaniferry.substack.com/p/is-ai-fuelling-a-new-wave-of-growth</link><guid isPermaLink="false">https://jeanpisaniferry.substack.com/p/is-ai-fuelling-a-new-wave-of-growth</guid><pubDate>Mon, 19 Jan 2026 21:11:05 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!-iB7!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F6ac1a776-14b6-47d2-8514-90baf665a632_2268x2268.jpeg" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<h2>A spectacular development</h2><p>Just over three years after its launch in November 2022, ChatGPT has reached 800 million active users. This meteoric rise has been much faster than that of TikTok, which, a decade after its 2016 creation, boasts 1.6 billion users, and also faster than WhatsApp, which has two billion users, 17 years after its launch. Artificial intelligence is undoubtedly transforming both professional practices and everyday life for users worldwide. And the changes are far from over.</p><p>AI is currently the main driver of growth in the United States. Since the beginning of 2025, nearly all of this growth has come from investments in AI, which in recent years have contributed to <a href="https://www.bis.org/publ/bisbull120.pdf">an annual economic growth of nearly half a percentage point</a>. Echoing the findings of the Draghi report on the future of European competitiveness, a note published by the Banque de France in February 2025 indicated that this is largely why Europe has fallen behind, with stagnating productivity, while American growth has accelerated.</p><p>This dynamic has not yet run its course. On the contrary, all indications suggest it will continue. The investment bank Goldman Sachs, for example, predicts that capital spending will exceed $500 billion this year. That figure &#8211; around 1.7% of gross domestic product &#8211; is comparable to the major investment booms of the past, such as those of the late 1990s. It may even surpass those levels when other tech capital expenditures, especially investments in software, are included.</p><h2>Significant uncertainty</h2><p>What sets the current wave apart from previous ones is that most of the investment comes from AI companies themselves, particularly the &#8220;Magnificent Seven&#8221; (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia and Tesla), rather than from user companies. Unlike the dot-com bubble of the late 1990s, user sectors &#8211; such as financial services or communications &#8211; now play a secondary role in this boom. The surge in capital spending by AI companies themselves, particularly in the race to build ever-larger data centers, accounts for the bulk of these investments.</p><p>This extraordinary concentration creates vulnerability, as continued investment depends on inherently uncertain economic expectations. A debate among economists vividly illustrates this point. In May 2024, Daron Acemoglu, who would be awarded the Nobel Prize in Economics a few months later, estimated that the potential productivity gains from further AI development would reach a maximum of 0.07 percentage points per year &#8211; far too low to justify such massive investments. Acemoglu&#8217;s implicit assessment was that AI is a bubble that will inevitably burst.</p><p>In June 2024, economists Philippe Aghion, the future 2025 Nobel laureate, and Simon Bunel <a href="https://www.frbsf.org/wp-content/uploads/AI-and-Growth-Aghion-Bunel.pdf">recalculated Acemoglu&#8217;s estimates</a>. Using exactly the same methodology but adopting more optimistic assumptions &#8211; particularly about the share of tasks exposed to AI and the proportion for which investment in AI would prove profitable &#8211; they found that the impact on productivity could be 10 times greater: a gain of 0.7 percentage points per year, rather than 0.07. That would be enough to transform a bubble into a sound investment.</p><p>This controversy illustrates the significant uncertainty that currently clouds assessments of AI&#8217;s economic potential. Today&#8217;s astronomical stock market valuations are justified only if future productivity gains are closer to Aghion and Bunel&#8217;s estimates than Acemoglu&#8217;s. No one knows which scenario will prevail. But the outcome of will be critical for the future.</p><h2><strong>Redirecting savings toward AI</strong></h2><p>One might think this debate concerns only the US and, perhaps, China &#8211; the two major players in AI development. That would be a serious mistake, because while Europe is not a leading actor in the field, it is nonetheless indirectly exposed to the associated risks. European financial institutions channel household and corporate savings into equity funding for the AI boom across the Atlantic.</p><p>In 2008, Europe paid a high price for having invested indiscriminately in subprime-related derivatives. It is crucial not to repeat that mistake and, to that end, to ensure that European investment in AI does not endanger financial stability.</p><p>Prudential measures could be considered. But the best course would be to redirect European savings toward AI development within Europe itself. Europe does not lack researchers, talent or entrepreneurs. This redirection would, of course, require reforms &#8211; notably the creation of a savings and investment union &#8211; and a willingness to take risks. Yet such a reallocation of savings to finance investments on European soil would help close the productivity gap with the US and make Europe a true player in AI in every sense.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[L'IA, bulle ou nouvelle croissance ?]]></title><description><![CDATA[Chronique Le Monde, 17 janvier 2026]]></description><link>https://jeanpisaniferry.substack.com/p/lia-bulle-ou-nouvelle-croissance</link><guid isPermaLink="false">https://jeanpisaniferry.substack.com/p/lia-bulle-ou-nouvelle-croissance</guid><dc:creator><![CDATA[Jean Pisani-Ferry]]></dc:creator><pubDate>Sat, 17 Jan 2026 14:05:41 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!-iB7!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F6ac1a776-14b6-47d2-8514-90baf665a632_2268x2268.jpeg" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Un peu plus de trois ans apr&#232;s son lancement, en novembre 2022, ChatGPT compte 800 millions d&#8217;utilisateurs actifs. Cette progression fulgurante est beaucoup plus rapide que celle de TikTok, qui dix ans apr&#232;s son lancement affiche 1,6 milliards d&#8217;utilisateurs, plus rapide aussi que celle de WhatsApp, qui en compte deux milliards quinze ans apr&#232;s son d&#233;marrage. L&#8217;IA (intelligence artificielle) est sans nul doute en train de bouleverser les pratiques professionnelles et la vie quotidienne des usagers &#224; travers le monde. Et c&#8217;est loin d&#8217;&#234;tre fini.</p><p>L&#8217;IA est aussi aujourd&#8217;hui le moteur principal de la croissance aux &#201;tats-Unis. Depuis le d&#233;but 2025, celle-ci provient presque exclusivement des investissements dans l&#8217;IA, lesquels ont contribu&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; pr&#232;s d&#8217;<a href="https://www.bis.org/publ/bisbull120.pdf">un-demi point de croissance par an</a>. Confirmant le diagnostic du rapport Draghi sur la comp&#233;titivit&#233; europ&#233;enne, une <a href="https://www.banque-france.fr/system/files/2025-02/391_Reexamen_de_lecart_de_performance_de_lEurope_vis-a-vis_des_etats-unis.pdf">note r&#233;cente de la Banque de France</a> indique que c&#8217;est largement pour cette raison que l&#8217;Europe a d&#233;croch&#233; et que la productivit&#233; y stagne, quand elle tire la croissance am&#233;ricaine.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! Subscribe for free to receive new posts and support my work.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Type your email&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="Subscribe"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Cette dynamique n&#8217;est pas &#233;puis&#233;e. Au contraire, tout indique qu&#8217;elle va se poursuivre en 2026 : la banque d&#8217;investissement <a href="https://www.goldmansachs.com/insights/articles/why-ai-companies-may-invest-more-than-500-billion-in-2026">Goldman Sachs</a> pr&#233;voit par exemple pour l&#8217;ann&#233;e en cours une d&#233;pense en capital sup&#233;rieure &#224; 500 milliards de dollars. Ce montant &#8211;1,7% du PIB environ &#8211; est du m&#234;me ordre de grandeur que celui des grands booms d&#8217;investissement du pass&#233;, comme celui de la fin des ann&#233;es 1990. Il exc&#232;de m&#234;me cet &#233;tiage, si l&#8217;on prend en compte les autres d&#233;penses en capital dans la Tech, notamment les investissements dans le software.</p><p>Ce qui distingue la vague actuelle de celles du pass&#233; est que l&#8217;essentiel de l&#8217;investissement est le fait des seules entreprises de l&#8217;IA, et particuli&#232;rement des &#171; sept magnifiques &#187; (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, NVIDIA et Tesla), et non des entreprises utilisatrices. Contrairement &#224; ce qui s&#8217;&#233;tait pass&#233; lors de la bulle dot.com de la fin des ann&#233;es 1990, les secteurs utilisateurs &#8211; qu&#8217;il s&#8217;agisse des services financiers ou des services de communication - jouent aujourd&#8217;hui un r&#244;le secondaire dans ce boom de l&#8217;investissement. Ce sont les d&#233;penses en capital des entreprises de l&#8217;IA elles-m&#234;mes, particuli&#232;rement la course au gigantisme dans la construction de <em>data centres</em>, qui expliquent le plus gros des investissements actuels.</p><p>Cette extraordinaire concentration est source de fragilit&#233;, parce que la poursuite de l&#8217;effort d&#8217;investissement est fonction du maintien d&#8217;anticipations &#233;conomiques par nature incertaines. Une controverse entre &#233;conomistes l&#8217;illustre de mani&#232;re saisissante. En mai 2024 Daron Acemoglu, qui allait quelques mois plus tard recevoir le prix Nobel d&#8217;&#233;conomie, <a href="https://www.nber.org/system/files/working_papers/w32487/w32487.pdf">&#233;valuait</a> au maximum &#224; 0,07 points par an les gains de productivit&#233; potentiels qu&#8217;allait induire la poursuite du d&#233;veloppement de l&#8217;intelligence artificielle : des gains macro&#233;conomiques bien &#233;videmment beaucoup trop faibles pour justifier d&#8217;y consacrer des montants d&#8217;investissement aussi massifs. Le diagnostic implicite d&#8217;Acemoglu &#233;tait que l&#8217;IA &#233;tait une bulle, qui allait in&#233;vitablement finir par &#233;clater.</p><p>En juin de la m&#234;me ann&#233;e cependant Philippe Aghion, le futur Nobel 2025, et Simon Bunel <a href="https://www.frbsf.org/wp-content/uploads/AI-and-Growth-Aghion-Bunel.pdf">refaisaient les calculs d&#8217;Acemoglu</a>. En appliquant exactement la m&#234;me m&#233;thodologie, mais en prenant des hypoth&#232;ses plus optimistes, en particulier sur la proportion de t&#226;ches expos&#233;es &#224; l&#8217;IA et sur la part de ces t&#226;ches pour laquelle l&#8217;investissement dans l&#8217;IA allait se r&#233;v&#233;ler profitable, ils aboutissaient &#224; multiplier par un facteur dix l&#8217;impact potentiel sur la productivit&#233; : celui-ci n&#8217;&#233;tait plus de 0,07% par an mais de 0,7%. C&#8217;&#233;tait assez pour que la bulle se transforme en investissement judicieux.</p><p>Cette controverse donne la mesure de l&#8217;incertitude consid&#233;rable qui affecte aujourd&#8217;hui l&#8217;appr&#233;ciation du potentiel &#233;conomique de l&#8217;IA. Les valorisations boursi&#232;res astronomiques actuelles ne se justifient &#233;videmment que si les gains de productivit&#233; &#224; venir sont plus proches des estimations d&#8217;Aghion et Bunel que de celles d&#8217;Acemoglu. Nul ne sait ce qu&#8217;il en est. Mais l&#8217;issue de cette controverse est essentielle pour l&#8217;avenir.</p><p>On pourrait croire que ce d&#233;bat ne concerne que les &#201;tats-Unis, et &#233;ventuellement la Chine, qui sont les deux grands acteurs du d&#233;veloppement de l&#8217;intelligence artificielle. Ce serait une grave erreur, parce que si l&#8217;Europe n&#8217;est pas un acteur de premier plan de ce d&#233;veloppement, elle est indirectement expos&#233;e aux risques associ&#233;s. Les institutions financi&#232;res europ&#233;ennes canalisent en effet l&#8217;&#233;pargne des m&#233;nages et des entreprises vers le financement en actions du boom de l&#8217;intelligence artificielle outre-Atlantique.</p><p>En 2008, l&#8217;Europe a pay&#233; cher pour avoir investi sans discernement dans des produits d&#233;riv&#233;s des <em>subprime</em>. Il importe de prendre garde &#224; ne pas r&#233;p&#233;ter la m&#234;me erreur et pour cela, de s&#8217;assurer que l&#8217;investissement europ&#233;en dans l&#8217;IA ne met pas en danger la stabilit&#233; financi&#232;re.</p><p>On peut penser &#224; des mesures prudentielles. Mais la meilleure mani&#232;re de proc&#233;der serait de r&#233;orienter l&#8217;&#233;pargne europ&#233;enne vers le d&#233;veloppement de l&#8217;IA en Europe m&#234;me. Nous ne manquons ni de chercheurs, ni de talents, ni d&#8217;entrepreneurs. Bien s&#251;r, cela n&#233;cessite des r&#233;formes (en particulier la mise en place d&#8217;une Union de l&#8217;&#233;pargne et de l&#8217;investissement) et cela demande de prendre des risques. Mais une telle r&#233;orientation de l&#8217;&#233;pargne vers le financement des investissements sur notre sol contribuerait &#224; combler notre &#233;cart de productivit&#233; avec les &#201;tats-Unis et &#224; faire de l&#8217;Europe un acteur de l&#8217;IA au sens plein du terme.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! 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C&#8217;est, selon l&#8217;enqu&#234;te annuelle <em><a href="https://www.google.com/url?q=https://www.sciencespo.fr/cevipof/fr/actualites/fractures-francaises-resultats-de-la-vague-13-octobre-2025/&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw0GvOaXsYjzcdjNONAvMXJl">Fractures fran&#231;aises</a></em>, le souhait de 85 % de nos concitoyens. Avec une dette de l&#8217;ensemble des administrations qui d&#233;passe 115 % du produit int&#233;rieur brut (PIB), et qui continue d&#8217;augmenter de trimestre en trimestre, l&#8217;exigence de remise en ordre s&#8217;applique tout particuli&#232;rement aux finances publiques.</p><p>Les choix en la mati&#232;re rel&#232;vent de la responsabilit&#233; du Parlement, et <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/24/sebastien-lecornu-estime-qu-il-y-a-toujours-une-majorite-a-l-assemblee-pour-voter-le-budget-2026_6654626_823448.html&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw32fkw3hrPQ-IgGavVQHWOF">le premier ministre S&#233;bastien Lecornu a r&#233;affirm&#233;, le 24 novembre, sa pr&#233;f&#233;rence pour la recherche d&#8217;un compromis</a>, plut&#244;t que le recours aux instruments constitutionnels (article 49.3, vote bloqu&#233;, ordonnances&#8230;) qui lui permettraient de reprendre la main.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! Subscribe for free to receive new posts and support my work.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Type your email&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="Subscribe"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Mais le fait qu&#8217;apr&#232;s cent vingt-cinq heures de discussions sur le volet recettes, les d&#233;put&#233;s n&#8217;aient r&#233;ussi &#224; s&#8217;accorder que pour additionner leurs refus, et rejettent par 404 voix contre une (et 84 abstentions) le texte issu de leurs propres d&#233;bats, ne peut que conforter la d&#233;fiance des citoyens envers les institutions politiques.</p><p>L&#8217;&#233;quation n&#8217;est cependant pas sans solution, &#224; condition de distinguer entre les sujets pour lesquels la r&#233;alit&#233; s&#8217;impose &#224; la d&#233;cision et ceux pour lesquels des choix politiques sont possibles, et m&#234;me souhaitables. Sur l&#8217;objectif d&#8217;un r&#233;&#233;quilibrage, il n&#8217;y a pas place pour un d&#233;bat politique : un effort doit avoir lieu, en vue d&#8217;enrayer graduellement la progression du ratio d&#8217;endettement (dette publique rapport&#233;e au PIB) et de le stabiliser &#224; un niveau qui d&#233;pendra du rythme de l&#8217;ajustement. En effet, poursuivre sur un sentier de hausse de ce ratio, c&#8217;est condamner notre pays &#8211; qui paye d&#233;j&#224; ses emprunts d&#8217;Etat plus cher que l&#8217;Italie &#8211; &#224; devoir conduire des efforts d&#8217;autant plus importants qu&#8217;ils seront tardifs.</p><p>Le montant de l&#8217;ajustement correspondant d&#233;pend de sa dur&#233;e (cinq ans ou sept ans) et des hypoth&#232;ses macro&#233;conomiques retenues, mais les estimations disponibles le situent dans une fourchette resserr&#233;e comprise entre 100 milliards (<a href="https://www.google.com/url?q=http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2025/OFCEpbrief146.pdf&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw1u_lGIrZjTxHV_rm0lNj8Q">Observatoire fran&#231;ais des conjonctures &#233;conomiques</a>) et 112 milliards d&#8217;euros (<a href="https://www.google.com/url?q=https://cae-eco.fr/comment-stabiliser-la-dette-publique&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw3YdITWyeX1yvODkAgvkLKi">Conseil d&#8217;analyse &#233;conomique</a>). C&#8217;est un point sur lequel les diff&#233;rents partis repr&#233;sent&#233;s au Parlement devraient rationnellement s&#8217;accorder.</p><p>Ce qui peut et doit faire d&#233;bat, en revanche, c&#8217;est la composition de cet ajustement : non seulement la part des baisses de d&#233;penses et celle des hausses de pr&#233;l&#232;vements, mais aussi le choix des mesures en d&#233;penses et en recettes. Diff&#233;rentes strat&#233;gies sont &#224; cet &#233;gard possibles, entre lesquelles la d&#233;cision rel&#232;ve principalement de choix politiques.</p><p>Le Conseil d&#8217;analyse &#233;conomique a r&#233;cemment publi&#233; un <a href="https://www.google.com/url?q=https://cae-eco.fr/static/pdf/Focus_124_Fipu_2510231.pdf&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw3KUjUVOzgFXEv7p9g5r3zS">inventaire tr&#232;s d&#233;taill&#233;</a> des leviers d&#8217;action : il en recense 170, dont la mobilisation apporterait 108 milliards d&#8217;euros du c&#244;t&#233; des d&#233;penses et 111 milliards du c&#244;t&#233; des recettes, &#224; quoi s&#8217;ajoutent 45 milliards de rendement budg&#233;taire &#224; moyen terme des r&#233;formes structurelles, conduisant &#224; une hausse du taux d&#8217;emploi. Au total, ce sont donc 264 milliards d&#8217;euros de mesures &#8211; plus de deux fois les 112 milliards requis &#8211; parmi lesquelles les parlementaires peuvent piocher.</p><p>Une telle repr&#233;sentation de l&#8217;&#233;ventail des choix politiques est &#233;videmment simplificatrice. Mais elle suffit &#224; montrer que si le volume de l&#8217;effort s&#8217;impose, ou devrait s&#8217;imposer &#224; tous les partis, il y a de la place pour des strat&#233;gies tr&#232;s diff&#233;rentes. Certaines composantes de l&#8217;arc politique peuvent pr&#233;f&#233;rer faire principalement reposer l&#8217;ajustement sur la baisse des d&#233;penses, tandis que d&#8217;autres pourront privil&#233;gier la hausse de la fiscalit&#233; (ou une combinaison entre fiscalit&#233; pour le court terme et r&#233;formes structurelles pour le moyen terme).</p><p>Il y a place aussi pour une diff&#233;renciation sur les mesures en d&#233;penses et en pr&#233;l&#232;vements. Pour ne prendre que cet aspect, les cons&#233;quences distributives d&#8217;un programme d&#8217;ajustement varient fortement selon la nature des baisses de d&#233;pense (par exemple, entre diminution des subventions &#224; l&#8217;enseignement priv&#233; et d&#233;sindexation des retraites) ou celle des hausses des pr&#233;l&#232;vements (notamment entre augmentation de la Contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e et accroissement de la taxation des h&#233;ritages).</p><p>La discussion budg&#233;taire gagnerait en clart&#233; si le Parlement commen&#231;ait par voter sur les cibles de moyen terme, puis qu&#8217;il fixe les objectifs de r&#233;duction du d&#233;ficit pour l&#8217;ann&#233;e &#224; venir, et qu&#8217;enfin il proc&#232;de, sous ces contraintes, au choix des mesures correspondantes. Cela demanderait qu&#8217;&#224; chaque &#233;tape de la discussion soient respect&#233;es les orientations retenues &#224; l&#8217;&#233;tape pr&#233;c&#233;dente.</p><p>Cette discussion m&#233;riterait aussi d&#8217;&#234;tre &#233;clair&#233;e par une d&#233;lib&#233;ration citoyenne. C&#8217;est pour cela que la <a href="https://www.google.com/url?q=https://laplateformeprogressiste.org/&amp;source=gmail-imap&amp;ust=1764865502000000&amp;usg=AOvVaw3N1RvXmiGLmrPyteaCIvd0">Plateforme progressiste</a> &#8211; anim&#233;e par l&#8217;eurod&#233;put&#233; Pascal Canfin (Renaissance) et qui rassemble des &#233;lus comme Carole Delga, la pr&#233;sidente (socialiste) de la r&#233;gion Occitanie &#8211; a pris l&#8217;initiative faire plancher sur les strat&#233;gies budg&#233;taires 150 citoyens qui se reconnaissent dans les valeurs et principes progressistes, en leur fixant une contrainte &#8211; r&#233;duire le d&#233;ficit budg&#233;taire de 110 milliards d&#8217;euros en sept ans, hors charge d&#8217;int&#233;r&#234;t &#8211; mais en leur laissant le choix des moyens.</p><p>Pour guider ces choix, leur sont fournies des informations quantitatives sur le rendement budg&#233;taire des mesures en d&#233;penses et en recettes ainsi que, pour chacune d&#8217;entre elles, des informations qualitatives sur leurs cons&#233;quences pour la justice sociale, la transition &#233;cologique, la croissance et l&#8217;emploi. Sur cette base, c&#8217;est &#224; eux qu&#8217;il revient de choisir l&#8217;&#233;ventail de mesures.</p><p>Pilot&#233;e par le chef d&#8217;entreprise Eric Hazan, l&#8217;exp&#233;rience (&#224; laquelle je participe en tant qu&#8217;expert) est en cours et il est trop t&#244;t pour en tirer des cons&#233;quences. Son but est double : d&#8217;abord faire participer des citoyens au choix qui engagent notre avenir ; ensuite d&#233;terminer quelles sont les strat&#233;gies budg&#233;taires qui recueillent leur soutien, et celles auxquelles ils s&#8217;opposent. C&#8217;est assez pour qu&#8217;elle soit tent&#233;e.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://jeanpisaniferry.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Thanks for reading! 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